Me voila arrivé à Horrot, capitale de la Mongolie Intérieure (province chinoise), et pour la première fois depuis 6 mois j'ai du sortir le pull du sac! On remonte au nord et ça se rafraîchi, c'est pas désagréable après l'habitude de la fournaise sud-asiatique, où la chaleur combinée à l'humidité et à la pollution peut devenir vite épuisante.
J'ai quitté ce matin Pékin, après 5 jours dans la capitale, pas beaucoup de sight-seeing, mais pas mal d'affaires à régler et d'achats difficiles ailleurs. Une pièce de rechange pour mon appareil photo, réparation de mon disque dur lecteur de carte mémoire, un nouveau chapeau, des écouteurs pour le baladeur,... Donc au final j'ai arpenté la ville d'un bout à l'autre, connaissant la plupart des stations de métro par coeur, beaucoup de marche, la ville est vraiment gigantesque, mais pas de visites de pagodes, temples, ou autres attractions à l'exception du Temple du Ciel. Leurs tarifs sont de toute manière décourageants, il faut payer pour tout, et souvent plusieurs fois pour un même endroit: un ticket donnant le droit d'entrer dans un parc comprenant plusieurs édifices, puis un nouveau guichet pour entrer dans les temples en question, un autre pour le petit musée qui les jouxte, on sens bien l'idéal communiste: le profit, toujours plus de profit (à moins que ça ne soit pas communiste, je suis plus sûr tout d'un coup...)
Que dire de plus, mes jours suivant ont confirmé la première impression de mon retour en Chine, un manque de respect, de politesse, et d'égards, vis a vis des étrangers, mais aussi entre eux dans certaines occasions. Je parle ici de choses élémentaires, qui dépassent le cadre des différences culturelles. Pour avoir vu au cours de mes voyages un certain nombre de pays, j'ai pu me rendre compte des différences entre les modes de vie, tabous, ou coutumes d'une région à l'autre du globe. Cracher sera accepté ici en chine alors que cela sera considéré comme vulgaire en Europe, on évitera d'entrer dans une maison en gardant ses chaussures dans les pays musulmans, se moucher publiquement sera très mal vu en Asie Centrale, finir toute son assiette en Chine est offensant pour son hôte alors que c'est plutôt apprécié lorsqu'on est invite au moyen orient, tous ces exemples sont a ranger dans la catégorie des différences culturelles, et il n'y a donc aucun jugement a porter dessus. En revanche quand il s'agit de simple politesse, de respect, d'entraide, la oui je me permet de juger. Quand après avoir passé 5 min en équilibre sur l'échelle du train pour agencer les sacs afin de faire de la place pour le mien et qu'au moment ou je redescend attraper celui ci 3 gars postés à observer mon manège s'empressent de mettre les leurs à la place libérée, la ça devient agaçant. Quand ils ont bien vu que je suis en train d'essayer d'y faire rentrer mon énorme sac qui ne passerai dans aucun autre espace et que je leur demande donc gentiment de reprendre les leurs, petits, qui rentreront aisément sous les lits ou un peu plus loin, et que tous me disent non d'un air méprisant ça devient plus énervant. Quand au final face à tant de mauvaise volonté et de moquerie je me décide à les retirer moi même, soulève les 30 kilos de mon sac a bout de bras pour les glisser dans le compartiment à 2 mètres de haut, tache qui s'avère un peu délicate, que j'arrive à le maintenir d'une main en équilibre contre le rebord pendant que de l'autre je me saisit de l'échelle pour grimper un peu plus haut et que doucement, très doucement je commence à perdre prise tandis que le sac glisse dangereusement vers la droite, et que non seulement les 3 gars mais plusieurs autres, debout juste a cote de moi en attendant pour passer, se contentent de me regarder me casser la gueule pendant que mon sac s'écrase par terre, sans qu'aucun n'ai daigné tendre le bras pour le retenir ou me porter assistance comme on l'aurait vu dans tous les wagons de train du reste du monde, mais aient plutôt préféré contempler le spectacle du jeune blanc qui galère à hisser son sac en se foutant de ma gueule en chinois, la j'ai vraiment envie de mettre en pratique les cours de boxe pris au Laos. Des exemples comme celui la j'en ai beaucoup, ils seraient trop long a tous raconter, mais illustrent l'atmosphère à laquelle on est la plupart du temps confronté.
Je parlais y a 4 mois de la sauvagerie observée à la gare lors de l'achat des billets et de la montée dans le train, où cela a dégénéré jusqu'au coups de poing 2 fois sur les 4 fois où j'avais prit le train, ce temps est révolu! Dans le souci de faire bonne figure pour les Jeux j'imagine, il y a maintenant un agent chargé de l'embarquement à l'entrée de chacun des wagons du train, ça en fait beaucoup, mais ça évite les débordement. Entre autres changements dus à l'arrivée des jeux on peut citer le relâchement de la censure internet : beaucoup de sites sont miraculeusement débloqués, dont le mien! ou wikipedia, blogspot... Bon, 'Reporter Sans Frontières' reste inaccessible, faut pas trop en demander... Autre effort, une campagne de sensibilisation contre les crachats, et l'interdiction de fumer dans les lieux publics, qui est dure à faire respecter, si les signes 'No Smoking' fleurissent partout, personne n'y prête attention, sur ce point en tant que fumeur je ne vais pas me plaindre, on fume au resto, dans le bus, dans les centres commerciaux, jusqu'à dans les hôpitaux où aussi bien les docteurs que les patients sous perfusions crament leur clope dans le couloir. Dernier changement relevé, tous les hôtels se doivent maintenant d'accepter les étrangers dans les villes acueillant les Jeux, pas ailleurs, malheureusement, où seuls certains hôtels accrédités par le gouvernement y sont habilités (dans l'ouest du pays on s'est fait virer de nombreuses fois pendant qu'on parcourait la ville à la recherche d'un lit...).
Malheureusement on change difficilement les traditions et si on les empêche de se piétiner à la montée dans le train en y postant assez de gardes, on retrouve le même problème à 100 mètres de là pour prendre le bus qui descend dans le centre ville. Sur le trottoir 300 personnes (au bas mot!), dans le bus qui arrive seulement une quarantaine de places, vous devinez le problème (300>40). Dans d'autre endroits ça pourrait se résoudre par une file d'attente, ici c'est chacun pour soi! Je ne m'étonne pas vraiment d'un véhicule chargé au double de sa capacité, mais dans les autres pays les gens s'y entassaient de façon plus civilisée, en grimpant l'un après l'autre jusqu'à combler le moindre espace disponible, ici ce qui surprend c'est le chaos absolu dans lequel c'est fait. Une mêlée sauvage qui à chaque bus qui arrive se débat, hurle, et pousse d'une force déchaînée vers le précieux sas d'entrée. Pas de scrupules, Mamie se fait plaquer violemment contre le bus, tant pis pour elle, fallait qu'elle pousse plus fort, monsieur lâche la poignée de sa valise en grimpant la première marche, il se fait projeter en avant par la horde derrière lu, et son sac toujours devant l'entrée se retrouve piétiné sans remords par le reste de l'assemblée. A la fermeture des portes le dernier occupant fini presque toujours le bras bloqué à l'exterieur, la main dehors avec la valise qui dépasse du bus. J'insiste parce que c'est dur d'imaginer sans l'avoir vu, c'est vraiment effrayant, bien au delà d'une simple foule qui pousse, la c'est violent, sans retenue, sans aucun état d'âme, et en plus complètement idiot, même quand le bus est clairement plein, qu'il reste peut être 2 ou 3 places, les plus éloignés, qui ont entre eux et la porte encore une cinquantaine de personnes continuent de pousser furieusement et de distribuer les coups de coude comme s'ils pensaient pouvoir y arriver, je me retourne, essaye de les regarder d'un air qui leur ferai comprendre que c'est inutile, ils sont complètement en transe, les yeux dans le vide a continuer de se debatre. Triste spectacle...
Pour ensuite permettre au bus de s'extirper de la foule compacte qui l'entoure un vigile joue de la matraque, l'allure commando, crane rasé, oreillette, lunettes noires, pantalon militaire et un tee-shirt arborant 'Special Forces'. Il m'a fallut 8 mêlées consécutives pour arriver à enfin entrer. A l'interieur, des télés diffusent un joli spot du gouvernement où des représentants de différentes ethnies de Chine vous souhaitent bienvenue dans leur langues respectives (y compris un Ouygur et un Tibétain, c'est beau la propagande...), pour conclure par "Différentes façons de le dire, mais partout un même sens de l'accueil". Eh ben les gars y'a du boulot!
Ce message est véhément, je sais, mais c'est le résultat de beaucoup de colère accumulée vis a vis de chinois sans respect, qui méprisent ouvertement le visiteur. Comme a mon dernier post je vais redoubler de prudence pour ne pas faire de généralisation abusive, j'ai croisé durant ce séjour des personnes ouvertes, agréables, Johnny par exemple (beaucoup de chinois prennent des noms anglais), qui reconnaitra peut etre son nom sur le site, Ma, une vieille grand mère qui m'a appris un peu de mandarin autour d'un café, et quelques inconnus au hasard de mes balades qui m'ont simplement donné une direction, avec le sourire, au lieu de m'envoyer bouler, ou d'autres qui sont venu me parler au restaurant, intrigués. Ces gens la sont malheureusement trop rares. S'il faut finir sur une touche positive pour ne pas décourager les voyageurs comptant venir visiter la Chine sachez que les provinces autonomes de Chine (le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie Intérieure) comptent certes un nombre croissant de chinois Han, mais restent majoritairement peuplées d'ethnies aux traditions plus accueillantes, c'est le cas des musulmans ouigurs, des tibetains, et des mongoles. Enfin s'il est deux choses à reconnaître aux Hans, c'est la qualité de leur cuisine (et croyez moi ça aide, si en plus on avait droit au régime kirghize on tiendrai pas longtemps) et la beauté des femmes (la encore après l'Asie Centrale on apprécie!).
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